miércoles, 6 de mayo de 2009

Commune des Abricots - HAÏTI Gand Anse

Situation Géographique : Située à l’extrême pointe de la presqu’île du Sud, la commune des Abricots est bornée au Nord et au Nord-Ouest par la mer. A l’Est par la commune de Bonbon. Au Sud-Est par celle de Moron. Au Sud par celle de Chambellan et à l’Ouest par celle de Dame-Marie.

Superficie : 108 km2

Population : De 32000 âmes dans les années 80, elle est tombée à moins de 25000 habitants d’après les dernières données de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI). Le village à lui seul compte 1108 habitants.Deux autres bourgs Anse-du Clerc et La Seringue comptent respectivement 700 et 200 habitants.

Relief : Montagneux dans l’ensemble, surtout au Sud-Est, au Sud et à l’Ouest. Vers le nord, sinuent de petites vallées alluviales encaissées entre des plateaux d’une altitude moyenne de 200 à 300 mètres.

Hydrographie : Les cours d’eau abondent : la Rivière de l’Anse-du-Clrec, la Grande Rivière des Abricots gonflée des affluents Rivière Balisiers, Rivière Dangluse, Rivière Cap, et, servant de frontière avec Dame-Marie, la rivière La Seringue. Elles traversent et arrosent des vallées alluviales.

Climat : Méditerranéen sur les côtes, humide et frais dans les hauteurs. Pluviométrie relativement abondante comparée à la moyenne nationale : entre 1400 et 1600 mm . Deux saisons pluvieuses d’avril à mai et de juillet à Novembre avec en plus de façon cyclique une période sèche entre décembre et mars ou une période mouillée pour les mêmes mois. Le régime des vents est assez constant. Du 15 décembre au 15 mai c’et la saison du Nordée et de mai à décembre celle des alisés et des cyclones.

Habitat : De type ajoupa avec pans de murs clissés, toiture en chaume dans les sections communales et dans les quartiers pauvres du village et des bourgs. Pour les moins pauvres, le toit en chaume ou en vétiver est remplacé par une toiture en tôle et le clissage par de la maçonnerie légère. Depuis peu au village et même à la campagne les structures légères des maisons cèdent la place à d’autres en béton et parpaings de ciment.

Histoire : Nom hérité d’une légende colportée par les premiers chroniqueurs espagnols. Les Indiens auraient placé là leurs paradis où après la mort ils allaient croquer de délicieux abricots (mameys). En fait les berges de la rivière et le plateau de Lonmon la surplombant étaient couverts d’une forêt d’abricotiers et les premiers pirates français installés là dès la seconde moitié du XVIIème siècle nommèrent leur établissement du nom du fruit. Pendant un siècle, la commune dépendait de la paroisse de Dame-Marie jusqu’en 1789 où elle devint à son tour paroisse. Dès 1681 des Juifs marranes portugais y seraient arrivés fuyant les persécutions et les pogroms et y auraient fondé une synagogue. En 1736, le colon franco-suisse Schperback, propriétaire d’une sucrerie, y introduisit le cacao. Le village qui connaîtra une relative prospérité à la fin du 19ème siècle et dans la première moitié du 20ème siècle grâce à des investissements de la bourgeoisie de Jérémie (cacao, guildive, commerce etc) sera ruiné et complètement détruit par le cyclone Hazel en 1954. Il ne s’est pas remis de cette calamité.

Economie :
-A dominante agricole : Canne-à-sucre dans les plaines, héritage de la colonie mais culture de plus en plus abandonnée
Vivres alimentaires : bananes, et tubercules (igname, malanga, manioc), pois
Denrées d’exportation : café et cacao
Fruits : agrumes, corossols, grenadia et autres
Embryon d’industrie de transformation : De plus de dix au début du siècle, il ne reste qu’une guildive transformant en tafia le sirop de canne. Petit projet de la Fondation Paradis des Indiens pour fournir du travail et assurer des revenus aux femmes en production : torréfaction et pulvérisation de café et de cacao, séchage et pulvérisation d’igname, de malanga, de giraumont, séchage et préparation de fruits (mangues et autres). Exploitation d’un artisanat lié à la broderie, à la couture et à des objets de décoration
Pêche : Plus de 300 pêcheurs regroupés en une association qui n’arrive pas à être opérationnelle jusqu’ici. Malgré tout activité lucrative hors la période de Nordée grâce au D.C.P installé à 12km au large par le Programme de Développement Rural, programme financé par l’Union Européenne, et aux migrations constantes de « bancs » de poissons (carangue, dorade, bonite, sardine, coulourou, hareng) entre mai et décembre. Mais un double problème de conservation et de stockage limite la rentabilité de cette activité.
Elevage : Activité autrefois importante mais réduite à partir des années 80 suite à l’extermination des porcs pour cause de peste porcine et à des vols répétés de bétail.
Commerce : Il est, pour l’essentiel, assuré par des marchands ambulants qui colportent leurs marchandises à dos d’animaux jusque dans les coins les plus reculés. De très petites boutiques dans les villages vendent les produits de première nécessité achetés de Jérémie ou de Port-au-Prince ce qui en saison de Nordée rend aléatoire l’approvisionnement.
Emplois : L’agriculture et la pêche constituent les deux principales occupations de la population mais vu la précarité des conditions de leur exercice, elles s’apparentent à un chômage déguisé. Plus des trois quart de la population active doit être considéré comme sans emploi, n’ayant pas de revenus déterminés et continus. La production de charbon est un substitut qui’ de plus en plus, assure le primum vivere et une faible capitalisation pour le commerce.

Marchés Publics : Trois marchés publics desservent l’ensemble de la commune. Le lundi au village des Abricots, le mercredi à Lhermite et le vendredi à Kalem qui demeure le centre le plus important d’échanges entre les sections communales. Ces marchés sont dépourvus de structures adéquates ce qui ne permet pas une observance stricte des règles d’hygiène. A ce titre, les abattoirs sont inexistants.

Education : Plus de 60 écoles ont été recensées, privées et publiques confondues, scolarisant près de 9000 enfants. Mais les conditions d’enseignement demeurent précaires et la qualité s’en ressent. La majorité d’entre elles appartient au cycle primaire.La fondation Paradis des Indiens entretient une douzaine d’entre elles et assure aux eleves un repas chaud. Au niveau secondaire il n’existe qu’ un lycée et deux collèges au village des Abricots mais ne dépassant pas la neuvième année fondamentale.

Santé : Un dispensaire public avec possibilités limitées d’hospitalisation, maximum 4 personnes, fonctionne dans le village. Un embryon de laboratoire existe pour le dépistage de la malaria, des parasitoses intestinales. Un centre de santé à l’Anse-du-Clerc tenu par l’église catholique dessert cette localité avec un petit laboratoire toujours assurant le dépistage de la malaria et des parasitoses intestinales. Un petit centre-relais à St Victor, supporté par Médecins du Monde, oriente les malades selon la gravité des cas vers les Abricots ou Jérémie. Seuls des agents de santé et des matrones sont présents dans les autres sections communales malheureusement dépourvues de structure d’accueil. Fourniture de médicaments à prix modiques par Médeçins du Monde, USAID/MSH (dépistage et traitement du SIDA), les Mennonites (dépistage et traitement de la tuberculose). Des médecins et infirmiers cubains assurent des soins dans le cadre d’une coopération avec le gouvernement haïtien.

Services :
Electricité : Pas d’électricité desservant le village ni les sections communales. Deux ou trois maisons utilisent l’énergie solaire ou des groupes électrogènes. Dans l’ensemble la population utilise la lampe à pétrole pour l’éclairage.
Eau Potable : Des captages de source ont été réalisés dans certaines zones des sections communales alimentant de petites agglomérations. Mais endommagés par des averses répétées au cours des années, ils débitent une eau de très mauvaise qualité. Ainsi à l’Anse-du-Clerc, l’eau des fontaines est pratiquement polluée. Au village des Abricots le captage a été fait à un point de résurgence de la Source Dérangé, . En saison pluvieuse, l’eau coule boueuse dans les robinets des fontaines provoquant des cas de diarrhée et de dysenterie.
Téléphone : Il existait un service public de télécommunications (Teleco) devenu inopérant en l’année 2001. Aujourd’hui grâce aux opérateurs de téléphonie mobile, en particulier Digicel, la commune est reliée au reste du pays et au monde entier.

Médias : Il existe une station de radio FM « Vwa Peyizan Abriko », de type communautaire, assurant un travail d’information, d’éducation et d’animation. Malheureusement elle ne peut être captée par toutes les sections communales. Coutumes, Sports et Loisirs : Un ensemble de tradition où se mêlent culture, sport, loisirs pour déterminer une manière de vivre.
La Fête des rois, le 6 janvier : prétexte à la paysannerie d’inviter la « ville » à des agapes fraternelles ;
Ara (L’équivalent du rara du Département de l’Ouest) Réunion jeudi saint pour une soirée de combat, lutte libre, afin de désigner un champion pour la région. Tout de suite après, danse pingué, survivance des danses indiennes et tournee de visite des notables des régions avoisinantes,ce jusqu’au matin du samedi saint. Cérémonie du « lave je » a la rivière aux abords du marche de Kalem puis dispersion ;
Ti Pâques : un pendant à la fête des rois a lieu le dimanche après les Pâques. Bamboches et bombance paysannes pour mettre fin au jeûne du temps carême ;
Vacances d’été : Fêtes récréatives partout dans les sections communales avec kermesses, bal,championnat de football etc. Cela durant pratiquement trois mois ;
Carnaval avec au dernier jour des jeux de masques pour figurer les trois étapes du peuplement d’Haïti. Des masques habillés de boue rouge, de boue blanche et de boue noire ;
Gaguere : Loisir principal des hommes. Prétexte à des foires hebdomadaires de septembre à Avril ;
Sarclage du cimetière : grand foire annuel lors du nettoyage du cimetière de Spebak ;
Trois jours de festivités et d’échanges économiques.

De superbes plages agrémentent les côtes à l’Anse-du-Clerc, aux Abricots et à proximité de la Seringue. Enorme potentiel touristique qui, durant les vacances, donne lieu à des animations (baignade, bal, concours de natation, de voile,de pêche).

Infrastructures Routières, Portuaires et Aéroportuaires : Déficit patent de voies de communication. Reliée seulement en 1962 au réseau routier national, Abricots est en fait pratiquement isolé des autres communes proches. Et le village communique difficilement avec ses sections communales (manque d’accès) à cause du relief et des risques sur les sentiers de montagne. Pas de percement sur Dame-Marie ni sur Chambellan ni sur Moron, villages situés à environ 20 et 5 kilomètres de Abricots. Le tronçon de route Bonbon-Abricot est coupé par endroits par les pluies. Le tronçon reliant Bonbon à Jérémie, récemment réhabilité, a été endommagé par les récentes pluies. Au niveau maritime la situation n’est pas meilleure. Pas de port aménagé. En période de Nordée l’embarquement et le débarquement sont rendus impossibles, faute de quai, par la mer démontée qui rend dangereuse la fréquentation de la baie. D’où énormes difficultés pour acheminer les produis agricoles vers les marchés extérieurs entraînant d’une part un gaspillage certain des produits et de l’autre un manque à gagner pour les cultivateurs qui de plus en plus abandonnent l’agriculture, leur principale activité. Il existe deux pistes d’atterrissage non loin des Abricots. A Numéro 2 (Jérémie) et à Gourdin (Dame-Marie) à environ 17 km chacune. Mais ces pistes, rudimentairement aménagées, sont des dessertes précaires, faute de routes praticables en tout temps.

Environnement : La situation de l’environnement devient de plus en plus préoccupante : Les paysans délaissent la terre pour s’adonner de plus en plus à la production de charbon déboisant ainsi les mornes et érodant la terre. La production du pois et du manioc, culture prohibant la couverture végétale, accentue encore davantage le phénomène du déboisement. L’absence d’une politique d’extension des plantations de café et de cacao qui réclament une abondante couverture végétale, la mévente de ces denrées sur le marché local, régional et international conduisent les paysans à abandonner ces cultures et à les remplacer par celle du pois dans les hauteurs. Des zones entières telles Citerne Matin, Cadoche, le plateau de Pavrette, les pentes Sud de St Victor ont été ainsi dévastées. Il faut souligner que ces zones constituent des bassins versants. D’où non renouvellement et non reconstitution des nappes phréatiques, assèchement des sources et diminution du débit des rivières. D’où encore érosion entraînant le dévalement de la pierraille vers les plaines recouvrant les alluvions fertiles jusqu’à provoquer un début de désertification. Des pans entiers de mornes déboisés deviennent impropres à la culture.
Drainage : Aux Abricots et à l’Anse-du-Clerc il n’existe aucun système de drainage. Compte tenu de la topographie des lieux cela n’est pas sans danger car les deux villages sont situés en contrebas de mornes et au niveau de la mer. En saison pluvieuse les eaux de ruissellement dévalent les collines à l’Est et inondent les villages. L’eau stagne pendant des jours ou des semaines occasionnant des épidémies de malaria.Au village des Abricots la mer, souvent déchaînée, refoule les eaux en crue de la rivière qui inonde les parties les plus basses dont le Mahot qui devient u ne zone infestée de moustiques.
Sanitation : De sérieux problèmes sanitaires existent au niveau de l’évacuation et du traitement des déchets dans le village des Abricots. La multiplication de latrines par la G.T.Z, les Médecins du Monde et les Mennonites, avait apporté une solution à ces problèmes. Mais très vite les latrines creusées à faible profondeur ont été saturées et la population s’est habituée à utiliser les deux extrémités de la plage.Il existe un service de voirie au niveau de la mairie mais n’ayant pas la capacité de traiter les ordures ménagères et les détritus que génèrent les jours de marché. Il s’ensuit donc une utilisation de la plage comme décharge publique.

No hay comentarios:

Publicar un comentario en la entrada